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Un prompt IA pollue-t-il plus qu'un email ?

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Un prompt texte émet environ 0,2 g de CO₂e, un email moyen environ 0,3 g : les deux gestes se tiennent. Ce n'est pas ce que dit le chiffre le plus cité sur le sujet, 19 g par email, tiré d'une étude ADEME de 2011 portant sur un envoi d'un mégaoctet. Entre les deux, quinze ans de gains d'efficacité et deux périmètres de calcul différents.

Email de 1 Mo avec pièce jointe (ADEME, 2011)19 g
Prompt IA texte (0,2 g)0,2 g
Verdict

Le chiffre de gauche est le plus repris du numérique français, et c'est le moins comparable. Il date de 2011, il porte sur un email d'un mégaoctet, et il compte le matériel des deux correspondants. Face à un email moyen estimé aujourd'hui, environ 0,3 g, le prompt texte à 0,2 g fait jeu égal.

Chiffres mis à jour le 30 juin 2026

D'où vient le chiffre de 19 g par email ?

D'une étude publiée par l'ADEME en 2011 sur les impacts environnementaux de la communication électronique. Elle chiffre à 19 g de CO₂e l'envoi d'un email d'un mégaoctet à un seul destinataire. Le chiffre a fait le tour de la presse française et il y circule toujours. Deux choses le rendent difficile à opposer à un prompt. Il porte sur un email lourd, pièce jointe comprise, pas sur trois lignes tapées à la volée. Et il décrit le parc technique de 2011 : depuis, serveurs, réseaux et terminaux rendent le même service pour beaucoup moins d'énergie.

Combien pèse un email aujourd'hui ?

Environ 0,3 g de CO₂e pour un email moyen, selon l'édition 2020 de « How Bad Are Bananas? » de Mike Berners-Lee. Le même auteur avançait 4 g par email standard et 50 g avec grosse pièce jointe dans son édition de 2010. En dix ans, il a donc divisé son propre chiffre moyen par plus de dix, au motif que terminaux et centres de données ont gagné en efficacité. Sa fourchette 2020 reste très large : 0,03 g pour un spam arrêté par un filtre, jusqu'à 26 g pour un email marketing expédié à cent personnes et lu par une seule. « Un email » n'est pas une unité de mesure.

Qu'est-ce qui pèse le plus : le calcul ou le temps passé devant l'écran ?

Le temps devant l'écran, et le calcul est posé. Un ordinateur portable consomme environ 25 Wh par heure d'usage (ADEME). Rédiger un prompt et lire la réponse prend deux minutes, soit 25 × 2/60 = 0,83 Wh. Converti avec l'intensité carbone moyenne du réseau mondial retenue par ce site, 480 g par kWh, cela donne 0,4 g de CO₂e. Deux fois le coût du calcul lui-même dans le centre de données. Le même raisonnement vaut pour l'email, des deux côtés : celui qui écrit et celui qui lit. Ces comparaisons mesurent surtout de l'attention humaine, pas du trafic réseau.

Alors, lequel émet le plus ?

La question n'a pas de réponse tranchée, et c'est le résultat honnête. Le prompt texte tient entre 0,15 g (calcul opérationnel seul) et environ 1 g (cycle de vie complet, fabrication des serveurs comprise). L'email tient entre 0,03 g et 26 g selon qu'il s'agit d'un spam filtré ou d'un envoi marketing peu lu. Les deux intervalles se recouvrent entièrement. Les départager supposerait de fixer le même périmètre, le même réseau électrique et le même contenu des deux côtés. Personne ne l'a fait, et c'est pour cela que la comparaison circule dans les deux sens selon qui la cite.

Que faut-il en retenir ?

Que l'ordre de grandeur est le même, et qu'il est petit. Les deux gestes se comptent en dixièmes de gramme, quand un kilomètre en voiture en pèse 170 et un kilomètre en TGV 3. Il faut environ 850 prompts pour égaler un seul kilomètre parcouru en voiture. Ce qui fait basculer l'échelle, ce n'est jamais le geste isolé : c'est le nombre. Un milliard de prompts par jour, ce n'est plus un dixième de gramme.

Équivalences liées

Sources

Questions fréquentes

Un email pollue-t-il plus qu'un prompt IA ?+

Pas de façon tranchée. Un email moyen pèse environ 0,3 g de CO₂e (Berners-Lee, éd. 2020) et un prompt texte environ 0,2 g : même ordre de grandeur. Le chiffre de 19 g souvent cité vise un email d'un mégaoctet et vient d'une étude ADEME de 2011.

Pourquoi le chiffre de l'email a-t-il autant baissé ?+

Parce que terminaux et centres de données rendent le même service pour bien moins d'énergie qu'en 2010, et parce que les premières estimations chargeaient lourdement la fabrication du matériel. Mike Berners-Lee est passé de 4 g par email en 2010 à environ 0,3 g en 2020, sur ses propres chiffres. Aucune révision équivalente n'a été publiée pour le 19 g de l'ADEME.

Faut-il vider sa boîte mail pour le climat ?+

Le levier est ailleurs. À 0,3 g pièce, il faudrait supprimer plus de 500 emails pour économiser l'équivalent d'un kilomètre parcouru en voiture. Trier sa boîte de réception est un geste symbolique, pas un geste climatique.

Mesurer le coût d'un geste ne dit pas s'il faut le faire. Un prompt à 0,2 g qui remplace une heure de travail manuel n'a pas le même bilan qu'un prompt lancé par réflexe. Arbitrer cela relève d'un autre métier : le studio GHIS accompagne les TPE et PME sur leurs usages de l'IA.

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