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Le coût complet d'un prompt : 1,13 Wh, écran compris

Un prompt texte coûte environ 1,13 Wh d'électricité quand on compte l'écran du lecteur. Le calcul dans le centre de données en représente 0,3 Wh. Les deux minutes passées à écrire la question et à lire la réponse en représentent 0,83 Wh. L'inférence pèse donc 26 % du total. Les fournisseurs publient leur moitié de la somme. Personne ne publie l'autre, alors on la pose ici.

Chiffres au 30 juin 2026. Aucune valeur du site n'a été modifiée pour cette page : les deux termes viennent de données déjà publiées ici.

Le calcul, terme par terme

Deux termes, deux sources, une hypothèse. Rien d'autre n'entre dans le total.

Calcul dans le centre de données0,3 Wh

Google mesure 0,24 Wh en médiane sur Gemini Apps (21 août 2025), Epoch AI estime 0,3 Wh, OpenAI annonce 0,34 Wh en moyenne. Le site retient 0,3 Wh, avec une fourchette de 0,24 à 0,4 Wh.

Écran : 2 minutes d'ordinateur portable0,83 Wh

25 Wh par heure d'usage, la valeur ADEME que le site emploie déjà pour le geste « Laptop 1 h ». Sur 2 minutes : 25 × 2 ÷ 60 = 0,83 Wh. C'est l'hypothèse la plus discutable de la page, et la section suivante la teste.

Total1,13 Wh

Électricité en usage, et rien d'autre. Ni entraînement du modèle, ni fabrication des machines, ni réseau : les exclusions sont listées plus bas.

À partir de quelle durée l'écran coûte-t-il plus cher que l'IA ?

43 secondes. On divise le coût du calcul par la consommation du portable : 0,3 Wh ÷ 25 Wh par heure = 0,012 heure, soit 43 secondes. Passé ce seuil, la machine posée sur la table a tiré plus d'électricité que les serveurs qui ont produit la réponse.

Le seuil bouge avec le chiffre retenu pour l'inférence, mais il reste du même ordre. Avec les 0,24 Wh mesurés par Google, il descend à 35 secondes. Avec les 0,34 Wh annoncés par OpenAI, il monte à 49 secondes. À la borne haute de la fourchette du site, 0,4 Wh, il atteint 58 secondes. Toute la fourchette tient donc sous la minute.

Or un aller-retour utile descend rarement sous la minute, ne serait-ce que le temps de taper la question. C'est ce qui rend le résultat solide : le seuil est franchi dans presque tous les usages réels, quel que soit le chiffre d'inférence qu'on choisit.

Et si on passe moins de temps devant l'écran ?

La part du centre de données remonte, mais elle ne redevient majoritaire qu'en dessous de 43 secondes. Voici la même somme pour trois durées d'écran plausibles.

La même somme pour trois durées d'écran. La colonne de droite est la part du centre de données dans le total.
Temps d'écranÉcranTotalPart du calcul
30 secondes0,21 Wh0,51 Wh59 %
2 minutes0,83 Wh1,13 Wh26 %
5 minutes2,08 Wh2,38 Wh13 %

Trente secondes, c'est une question courte dont on survole la réponse. Cinq minutes, c'est un aller-retour de travail avec une relecture. Entre ces deux bornes, la part du calcul tombe de 59 % à 13 %.

Ce n'est pas l'hypothèse de départ qui décide, c'est l'écart d'échelle. Le coût du calcul est fixe et minuscule. Celui du terminal grandit avec chaque seconde de lecture, et une lecture dure des dizaines de secondes.

Pourquoi ne pas publier le même total en eau et en CO₂ ?

Parce qu'additionner deux périmètres différents fabriquerait un faux chiffre. Le carbone paraît simple : à 480 g par kWh, le facteur opérationnel retenu par la méthodologie du site, 1,13 Wh donnent 0,54 g CO₂e. Ce calcul suppose que le centre de données et le bureau du lecteur sont branchés sur le même réseau.

Ils ne le sont presque jamais. Google annonce 0,03 g de CO₂e pour ses 0,24 Wh, soit environ 125 g par kWh : le mix d'un opérateur qui achète de l'électricité bas carbone à grande échelle. Le portable, lui, tourne sur le réseau du pays où vit son propriétaire. Le total carbone d'un prompt dépend donc de deux géographies, et le fournisseur n'en connaît qu'une.

L'eau pose le même problème sous une autre forme. Les 0,3 mL d'un prompt sont de l'eau de refroidissement prélevée sur le site du centre de données. L'électricité du portable a elle aussi une empreinte eau, mais en amont, dans les centrales qui la produisent, et elle dépend du mix de production. Faute de facteur daté pour la poser proprement, on ne la pose pas.

Ce qu'on n'a pas compté

  • Le réseau. Un aller-retour de prompt texte pèse quelques kilo-octets, quand une heure de streaming en pèse des millions. Les estimations publiées d'intensité énergétique des réseaux divergent fortement selon le périmètre retenu, et on n'a pas de valeur datée qu'on puisse défendre ici. Elle reste dehors plutôt que maquillée.
  • L'entraînement du modèle. Amorti sur des milliards de requêtes, il ne se rattache pas proprement à un prompt isolé. Le comparatif entraînement contre inférence traite la question à part.
  • La fabrication des machines. Le site chiffre déjà un ordinateur portable à 250 kg CO₂e et un smartphone à 50 kg. Les amortir demanderait de choisir une durée de vie et un temps d'usage quotidien. Ce choix pèserait plus lourd sur le résultat que le calcul du prompt lui-même.
  • Le périmètre des fournisseurs eux-mêmes. Google compte dans ses 0,24 Wh les machines au repos et les pertes du centre de données, refroidissement compris. Les autres chiffres publiés ne disent pas toujours ce qu'ils englobent. C'est la première raison pour laquelle ils ne se comparent pas terme à terme.

Sources

Citer ce chiffre

Le seuil de 43 secondes et le total de 1,13 Wh sont dérivés de valeurs publiées, toutes liées ci-dessus. Réutilisation libre avec un lien vers cette page. Le calcul est reproductible : une division, une multiplication, une addition.

Savoir que l'écran pèse plus que le modèle change ce qu'on peut faire de l'information : la marge est du côté des usages, pas du choix du fournisseur. C'est le terrain du studio GHIS, qui accompagne les TPE et PME sur leurs usages IA. Ici, on se contente de mesurer.

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